Les attitudes et leurs effets (Porter)

Les attitudes et leurs effets (Porter)



Attitude
 : état dans lequel l’individu est prêt à répondre d’une certaine manière à une certaine stimulation. L’attitude ne constitue pas une réaction isolée, mais un type de réactions qui se déclenchera dans un certain nombre d’occasions semblables.




Les attitudes habituelles –ou stratégies d’intervention- de l’interviewer

Elles se traduisent par un comportement verbal ou non verbal, et sont regroupées en 6 catégories :

Décision

J’ordonne.

Je menace.

Je donne un conseil.

Évaluation

Je juge.

J’évalue.

J’apprécie.

« C’est bien, c’est mal ».

Soutien

Je soutiens moralement.

Je suis compatissant.

Enquête

Je me renseigne.

Je questionne.

Je cherche.

Interprétation

Je développe en expliquant, en interprétant ce qui m’a été dit.

Écoute compréhensive

J’accepte.

Je reformule.

Je « reçois » l’autre.


Le tableau ci-après présente les différentes attitudes utilisées dans une interaction, classées par PORTER, ainsi que leur description et leurs effets positifs et négatifs sur l’interlocuteur.


Les attitudes et leurs effets

 

Attitudes de Porter

Description

Effets NÉGATIFS

EFFETS POSITIFS

décision        (ordre - conseil)

 

On indique, de façon plus ou moins contraignante à l’interlocuteur ce qu’il doit (ou pourrait) faire, penser ou sentir. Cette attitude peut se traduire par une suggestion sur ce qu’il est souhaitable de faire ou sur ce que l’on devrait faire (du point de vue du conseiller). Elle peut aussi  prendre la forme  d’un ordre, d’une consigne ou de directives.

Provoque généralement chez l’interlocuteur un accroissement de la dépendance ou de la contre- dépendance.

Si elle est acceptée, elle peut diminuer l’anxiété et accroître la sécurité mais elle ne favorise pas la responsabilisation et le besoin d’autonomie.

interpré-tation

 

Réponse  qui consiste à expliquer à l’autre les raisons de son comportement, à lui faire prendre conscience de lui-même, à lui montrer d’une manière plus ou moins directe comment il se représente sa situation. Cette intervention porte sur le sens latent de son discours ou de sa conduite.

Une interprétation inopportune ou non acceptée peut provoquer une levée des défenses, des réactions agressives et la rupture des relations.  L’attitude d’interprétation doit être « autorisée » par l’interlocuteur sans quoi elle sera ressentie comme une intrusion inacceptable.

Si l’interprétation est vraie, opportune, acceptée, elle peut fournir à l’interlocuteur des éléments qui lui permettent d’avancer dans la compréhension du problème.

soutien
(support)

.

Réponse visant à rassurer, à apaiser ou soulager l’autre, à dissiper ses doutes, à favoriser une reprise de confiance en soi. Prend souvent la forme d’un désir de persuader l’autre que son problème n’est pas aussi sérieux qu’il le pense (minimisation, banalisation), ou qu’on éprouve la même chose que lui.

A l’origine de l’attitude de soutien, il y a souvent une tentative pour se rassurer soi-même et ne pas voir le problème de l’autre. Habituellement, l’écart entre l’intensité des difficultés qu’il ressent et la façon dont elles sont minimisées lui donne le sentiment de ne pas avoir été vraiment écouté. Le décalage a pour effet d’induire l’agressivité.

Le support affectif peut tendre à sécuriser l’interlocuteur et constituer une aide dans le cas d’une dramatisation excessive.

 

Attitudes de Porter

Description

Effets NÉGATIFS

EFFETS POSITIFS

évaluation

 

Consiste à exprimer, concernant les propos tenus par autrui une opinion ou un jugement de valeur d’une façon plus ou moins délicate, plus ou moins explicite, plus ou moins circonstanciée. L’évaluation peut être d’ordre logique (vrai, faux) ou morale (bien, mal) et porter sur les actes, les pensées, les sentiments émis par  l’interlocuteur, ou sur sa propre personne.

L’évaluation négative non acceptée provoque la levée des mécanismes de défense et induit l’agressivité dans la relation. L’évaluation négative acceptée dans un contexte d’insécurité et d’anxiété peut entraîner culpabilisation et régression.

L’évaluation négative acceptée dans un contexte suffisant de sécurité et de confiance peut amener une modification du comportement. L’évaluation positive, si elle est perçue comme étant sincère et opportune est gratifiante pour l’image de soi et elle peut faciliter la relation, mais elle peut créer ou accroître la dépendance.

enquête

 

On cherche à obtenir des informations supplémentaires, à approfondir le problème posé. Cette attitude se manifeste surtout sous la forme de questions portant sur les faits ou sur les sentiments et opinions.

Employée de façon systématique et exclusive, elle risque de provoquer la méfiance. Ses effets dépendent essentiellement du contexte.  Lorsque le bénéficiaire des réponses est toujours celui qui les pose, l’interlocuteur peut se sentir désorienté (il ne voit pas où l’autre veut en venir).

Quand elle est utilisée de façon opportune et discrète cette attitude peut aider l’interlocuteur à explorer son problème.

écoute compré-hensive

 

On recherche ici à comprendre de l’intérieur, à se mettre à la place de l’autre pour saisir plus nettement la signification de la situation vécue et les sentiments exprimés par l’interlocuteur. On reformule alors ce qu’il vient de dire, lui facilitant une prise de conscience plus claire et lui donnant le sentiment d’être compris.

Elle exige de fonctionner sur un fond de reconnaissance et de sécurité affective sans quoi elle risque de provoquer un rejet.

C’est une attitude qui favorise l’autonomie de l’interlocuteur et  tend à diminuer sa dépendance.

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